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Tagore est une des grandes figures du XXème siècle. Contemporain de Gandhi, il fut animé du même esprit de changer le monde. Tagore créa une « université spirituelle » au Bengale, ayant dans l’esprit d’y réaliser une synthèse culturelle entre l’orient et l’occident. Le génie poétique de Tagore fut tout de suite apprécié et reconnu en occident, et il obtint le prix nobel de  littérature en 1913. Les poème de Tagore sont un hymne à l’amour divin, et chantent, souvent sans le nommer, un aspect ou un autre du Dieu Universel (telle la Kundalini dans le poème 66). Ces extraits sont tirés de l’Offrande lyrique, traduction par André Gide de son chef-d’oeuvre Gitanjali.

20.

Le jour que la fleur de lotus s’ouvrit, hélas! mon esprit errait à l’aventure et je ne le sus pas. Ma corbeille était vide et la fleur resta délaissée.

            Mais parfois et encore une tristesse s’abattait sur moi : je m’éveillais en sursaut de mon songe et sentais la suave trace d’une étrange fragrance dans le vent du sud.

            Cette vague douceur faisait mon coeur malade de désir; il me semblait reconnaître l’ardente haleine de l’été s’efforçant vers sa perfection.

            Je ne savais pas alors que c’était si près, que c’était mien, et que cette suavité parfaite s’était épanouie au profond de mon propre coeur.

66.

Celle qui depuis toujours habite au profond de mon être, dans la pénombre et la demi-lueur; celle qui jamais n’a soulevé son voile dans la lumière du matin – je l’enveloppe de mon dernier chant, mon Dieu, pour te l’offrir en don suprême.

            Les mots l’ont courtisée mais ne l’ont pas conquise; en vain la persuasion tend vers elle ses bras ardents.

            J’ai rôdé de pays en pays, et je la gardais dans le coeur de mon coeur; autour d’elle est monté et puis est retombé le flux et le reflux de ma vie.

            Sur mes pensées et sur mes actes, sur mes sommeils et sur mes rêves, elle règne, et pourtant réside à part et solitaire.

            Plus d’un a frappé à ma porte, l’a réclamée et s’en est retourné sans espoir.

            Nul au monde n’a jamais vu sa face; elle attend que tu la reconnaisses.

Extrait de : « L’Offrande lyrique », T. par André Gide                Ed. Gallimard, poésies