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Houei-neng (628-712), 6ème patriarche de l’école Chan.

Lorsque la doctrine abrupte est comprise, il n’est plus besoin de se discipliner dans les choses extérieurs. Qu’un homme ai seulement une vue droite, en son esprit, et nul désir, nul objet extérieur ne le corrompront plus. C’est là voir en sa propre Nature. O mes amis, n’ayez aucune résidence fixe, à l’extérieur ni à l’intérieur, et votre conduite sera parfaitement libre et sans entrave. Chassez votre attachement, et votre marche ne connaîtra pas le moindre obstacle…

Les ignorants deviendront sages s’ils obtiennent seulement la compréhension et s’ils ouvrent seulement leur cœur à la vérité. O mes amis, les Bouddhas eux-mêmes sont des mortels ordinaires comme nous, lorsqu’ils n’ont pas eu l’Illumination, et nous-mêmes, tout mortels que nous sommes, nous serons des Bouddhas lorsque nous aurons reçu cette Illumination. Par conséquent nous savons que toutes les choses sont dans notre propre esprit. Pourquoi donc ne cherchons-nous pas alors à voir instantanément dans notre propre esprit pour y trouver la vérité sur l’essence de l’esprit ?

Dans le Sutra de la conduite morale du Bodhisattva, nous lisons que nous sommes purs dans notre Soi-nature, et que lorsque nous connaissons notre propre esprit nous voyons dans la Nature et nous parvenons tous à la « nature de Bouddha ». Voici ce que nous dit le Vimalakirti-Sutra : « Un instant d’ouverture nous conduit à l’esprit originel ». O mes bons amis, alors que j’étais sous la direction de mon maître Jen, je compris la vérité au moment où je l’entendis parler, et j’eus une vision instantanée de la véritable essence de l’esprit en soi. C’est pour cette raison que j’essaie maintenant, au moyen de cette doctrine, de guider les chercheurs de vérité à une réalisation instantanée de Bodhi. Lorsque par vous-même vous regardez dans votre esprit, vous percevez immédiatement ce qu’est la nature originelle.

« Ceux qui connaissent par eux-mêmes ne cherchent rien d’extérieur. S’ils adhèrent à l’opinion que la libération vient par l’aide extérieure, par l’office d’un ami bon et sage, ils se trompent entièrement. Pourquoi? Il y a dans votre esprit un connaisseur et c’est là ce qui vous fait réaliser la vérité par vous-même. Lorsque la confusion règne en vous et que des vues fausses y sont conservées, nulle somme de connaissance appartenant aux autres, si bons et sages amis qu’ils puissent être pour vous, ne servira à votre salut. Par contre lorsque votre véritable prajna (sagesse, connaissance intuitive) brillera, toutes vos pensées confuses s’évanouiront en un instant. Connaissant ainsi ce qu’est votre Soi-Nature, vous atteindrez « la nature de Bouddha » par cette simple compréhension, cette seule connaissance.

Sur les êtres réalisés

« A ceux qui ont réalisé la nature propre, il importe peu de formuler n’importe quel système ou de s’en dispenser. Ils ont pleine liberté de venir ou d’aller, car ils sont libérés de tous les obstacles et de toutes les entraves. Ils agissent de façon appropriée selon les circonstances l’exigent. Ils donnent les réponses qui conviennent, selon le tempérament du questionneur. D’un coup d’œil compréhensif, ils voient que tous les Corps de transformations (Nirma-nakayas) ne sont pas séparés de la nature propre. Ils atteignent la libération, les pouvoirs psychiques et la Concentration suprême (samâdhi), qui les rendent capables d’accomplir volontiers la tâche ardue du salut comme si ce n’était qu’un jeu. Tels sont les hommes qui ont réalisé leur propre nature.