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Henri le Saux, Dans les pas de ramana

Henri Le Saux (1910-1973), moine bénédictin originaire de Nantes, part pour l’Inde en 1948, y découvre l’hindouisme et la philosophie de l’advaita (non-dualité) à travers la méditation des Upanishads et par ses rencontres avec ces maîtres que furent Ramana Maharishi et Gnanananda. Il reçut sa réalisation lors d’une méditation, fulgurante expérience qu’il racontera plus tard, alors qu’il faisait une retraite dans une grotte de la montagne sacrée Arunachala, où se situe l’Ashram de Ramana. Le Saux nous a légué une somme importante d’écrits, impressionnants par leur clarté et dans les vérités spirituelles auxquelles il était parvenu. Il jeta un des premiers ponts spirituels entre l’Orient et l’Occident.

Seul avec Dieu cela veut dire seul avec Soi. Oser accepter d’affronter Dieu dans le tête-à-tête avec Soi. L’on a affronté Dieu dans le monde, dans l’histoire, dans le firmament : Pater in coelis, Christus natus de Virgine, Ecclesia (le Père aux cieux, le Christ né de la Vierge, l’Eglise). Le moment vient – et c’est à ce temps que tend le temps, que tend l’Esprit qui emporte les mondes dans le souffle torrentiel de son éternelle Procession – le moment vient enfin où il y a à l’affronter en Soi. La véritable terreur religieuse. Le sentiment de awe (crainte, respect), du « numineux ». Nulle aide dans cet affrontement, ni au ciel, ni sur la terre, ni dans sa pensée non plus, ni dans ses souvenirs du passé, ni dans ses espoirs du futur. (30.11.56;MFC, p. 228.)

(…) l’expérience suprême n’a ni goût ni forme auxquels on pourrait se référer pour y penser ou en parler. Ce n’est rien qui puisse être perçu par la vue ou l’odorat, entendu, touché ou senti ; elle est au-delà de toutes les paires d’opposés (dvandva). De l’expérience on n’en peut rien dire, si ce n’est asti, c’est ! (IR, p. 239.)

La grâce c’est le renversement de maya en sakti, de puissance d’extase en puissance d’enstase. En ce sens Bhagavan(1) disait que la grâce c’est la kundalini-sakti. (5.12.53; MFC, p. 105)

La grâce n’apporte pas de formes nouvelles dans l’homme, mais elle est une « forme » qui informe tout. (5.3.63; MFC, p. 306.)

L’Esprit c’est cette présence intérieure de Dieu à toutes choses, et d’abord à moi. Car c’est dans mon expérience de pneuma en moi que je découvre l’atman en tout, le prana (souffle) en tout. Agni en tout.

C’est dans cette expérience intérieure de l’Esprit que je deviens pneumatikos, atmavan, le Purusha, le « Fils de l’homme », Filius Dei, que je me découvre agre san (agre : au commencement, à l’origine, san : était), brahmayanahde la « nature » de Brahman. Et pourtant dans l’expérience chrétienne jamais le moi-en-face ne disparaît. A la fois un et non-un avec la Source. Le Père c’est le Brahman dont rien ne peut être dit. (5.67; MFC, p. 358.)

La métanoia prêchée par Jésus n’est pas le passage d’un  dharma à un autre. C’est un retournement total qui ne correspond à rien de moins qu’au passage au stade de la « réalisation ». (6.7.68; MFC, p. 365.)

L’éveil initial comporte déjà en germe l’illumination finale, car qui dit éveil dit découverte par le fond de l’âme d’un fond de soi plus profond encore, quelles que soient les images mentales qui sous-tendent cette découverte trans-mentale. (IR, p. 280.)

(…) naissance d’en haut, c’est une naissance du dedans. L’homme est né de chair, c’est à partir de son éveil au cosmos, le monde extérieur, qu’il s’éveille à soi. Mais l’éveil au mystère final de soi, au plus profond de soi, ne peut être obtenu par le même procédé. (…) C’est une naissance d’un ordre tout nouveau, non un éveil progressif comme celui de l’éveil à la personnalité phénoménologique, i.e. à la portée de la perception mentale ou sensorielle. Cet éveil c’est l’irruption des eaux de l’abîme, l’Esprit dont parle Jésus en saint Jean. (IR, p. 283.)

Satori (2) est le vrai Baptême, cette vue nouvelle de soi et du monde, non-connaissance intellectuelle mais transformation profonde, abyssale, cataclysmale de l’être – et non ce versement d’un peu d’eau sur la tête, qui voudrait être le baptême de feu dans l’Esprit. (17.7.52; MFC, p. 71.)

Qui a pénétré au sahaja (3) est devenu jivan mukta, le libéré, le délivré-vivant. Bien qu’il demeure encore en chair, il a rompu tous les liens de la chair, tous les liens mêmes de la pensée et de l’entendement, il a échappé à toute servitude. C’est dans la fine pointe de son être, l’atman, le Soi, que désormais il a conscience d’être, inaccessible à toute limitation du temps et des circonstances. (ISU, p. 59.)

(1) Bhagavan : nom affectueux donné aux maîtres en Inde, ici désigne Ramana. 

(2) Satori : Le Saux emploie le terme zen désignant la réalisation.

(3) Sahaja : naturel – maya : l’illusion – shakti : puissance, énergie féminine de Dieu – dharma : morale, religion.

Ouvrage : Ecrits, Ed. Albin Michel, spir. vivante